Une offre électricité à prix fixe garantit au client un prix du kWh d'électricité fixe pendant la durée du contrat, un, deux ou trois ans, en option base ou heures creuses. Avantage face à une offre à prix variable : le prix de la fourniture d'énergie ne suit pas le marché. Le prix de l'abonnement, l'acheminement et les taxes peuvent évoluer.
Choisir une offre d'électricité à prix fixe, c'est choisir un prix du kWh stable pour la consommation, poste principal de la facture d'électricité. Mais un prix fixe ne veut pas dire une facture fixe. Le contrat d'électricité bloque le prix de l'énergie que vend le fournisseur, la part fourniture, quel que soit le prix de l'électricité sur le marché. Le reste dépend de décisions publiques : le tarif d'acheminement fixé par la CRE, les taxes votées en loi de finances, la TVA. Pour situer une offre à prix fixe, le point de repère reste le tarif réglementé de vente d'électricité et la façon dont il est révisé, puisque la plupart des offres de marché se comparent à lui ou s'indexent dessus.
Cette page détaille ce qu'un prix fixe protège réellement, ce qu'il ne protège pas, et à quel profil de consommation il convient. Elle ajoute un calcul que les comparateurs n'affichent pas : ce qu'une hausse de prix représente, exprimée en kWh consommés, pour un logement chauffé à l'électricité et pour un petit appartement.
Ce que bloque réellement une offre à prix fixe
Une offre à prix fixe garantit que le prix du kWh hors taxes de la fourniture ne changera pas pendant une durée définie au contrat. Cette durée est le plus souvent de un, deux ou trois ans. À l'échéance, le fournisseur propose une nouvelle grille ou fait basculer le client sur une autre offre de son catalogue, et c'est à ce moment qu'il faut comparer à nouveau.
La part fourniture, seule vraiment gelée
Sur une facture d'électricité, le prix du kWh se décompose en trois blocs. La fourniture rémunère l'énergie produite ou achetée sur le marché de gros par le fournisseur, ainsi que ses coûts commerciaux. L'acheminement rémunère le transport sur le réseau haute tension (RTE) et la distribution jusqu'au compteur (Enedis ou une entreprise locale de distribution). Les taxes s'ajoutent ensuite. Le prix fixe porte sur le premier bloc, et c'est celui sur lequel le marché pèse le plus quand les prix de gros s'envolent.
Cette exposition explique que le prix fixe a eu la faveur des particuliers après la crise énergétique de 2022 : un contrat signé avant la hausse du marché gardait son prix du kWh, alors que les offres indexées sur le prix spot suivaient la courbe. Le mécanisme joue dans les deux sens : quand le marché baisse, le client à prix fixe paie toujours son prix de départ.
Acheminement, taxes et abonnement : ce qui bouge quand même
Selon les conditions générales de vente, un fournisseur peut répercuter l'évolution du tarif d'acheminement (le TURPE, fixé par la Commission de régulation de l'énergie) et celle des taxes, même sur une offre fixe. L'accise sur l'électricité, la contribution tarifaire d'acheminement et la TVA ne dépendent pas de lui. Depuis le 1er août 2025, la TVA sur la part abonnement est passée au taux normal de 20 %, comme sur la consommation : un client à prix fixe l'a vue sur sa facture, alors que son prix du kWh hors taxes n'avait pas bougé.
Le prix de l'abonnement, lui, est parfois fixe, parfois non. Certaines offres bloquent le prix du kWh et l'abonnement ; d'autres ne bloquent que le kWh. La formulation exacte figure dans la fiche descriptive de l'offre, un document que chaque fournisseur doit remettre avant la souscription. C'est la première ligne à lire, avant le prix affiché en gros sur la page commerciale.
Prix fixe, prix indexé, tarif réglementé : trois mécanismes différents
Les offres d'électricité proposées aux particuliers se rangent en trois familles. Le vocabulaire commercial les brouille (« offre fixe confort », « offre indexée », « prix garanti », « prix bloqué »), mais le mécanisme se lit toujours dans le contrat.
Le tarif réglementé de vente (TRVE), appelé tarif bleu, n'est proposé que par EDF et par les entreprises locales de distribution. Son niveau est proposé par la CRE puis arrêté par les ministres, avec des révisions en principe au 1er février et au 1er août. Il n'a pas de durée d'engagement.
L'offre à prix indexé suit une référence. La plus courante est le tarif réglementé lui-même : l'offre affiche alors une remise en pourcentage sur le prix du kWh hors taxes du tarif bleu, et elle évolue aux mêmes dates. D'autres offres s'indexent sur le marché de gros (prix spot, mensuel ou horaire) : elles profitent des baisses et encaissent les hausses sans filet.
L'offre à prix fixe gèle la part fourniture pendant sa durée, quel que soit le marché ou le tarif réglementé.
| Critère | Prix fixe | Prix indexé sur le TRVE | Prix indexé sur le marché | Tarif réglementé |
|---|---|---|---|---|
| Évolution du prix du kWh HT | Aucune pendant la durée | Suit le tarif bleu | Suit le prix de gros | Révisé par les pouvoirs publics |
| Risque en cas de hausse du marché | Faible jusqu'à l'échéance | Moyen, amorti par la régulation | Élevé | Moyen, lissé dans le temps |
| Profit en cas de baisse | Aucun avant l'échéance | Oui, aux dates de révision | Oui, rapidement | Oui, aux dates de révision |
| Lisibilité pour le budget | Élevée | Moyenne | Faible | Moyenne |
| Fournisseurs concernés | EDF et fournisseurs alternatifs | Surtout fournisseurs alternatifs | Quelques fournisseurs | EDF et entreprises locales |
Ce comparatif ne dit pas quelle offre est la moins chère : il dit qui porte le risque. Avec un prix fixe, c'est le fournisseur qui l'assume, et il le fait payer dans son prix de départ. Avec un prix indexé sur le marché, c'est le client. Avec le tarif réglementé et les offres qui s'y indexent, le risque est partagé et lissé par la régulation, puisque la CRE construit le tarif sur une moyenne des prix de gros achetés sur deux ans.
Quel risque couvre le prix fixe, et lequel il crée
Le prix fixe couvre un risque précis : une hausse brutale du prix de l'énergie sur le marché de gros pendant la durée du contrat. Il ne couvre pas une hausse de consommation (hiver rigoureux, nouvel équipement électrique, télétravail), ni une hausse des taxes, ni une hausse de l'acheminement si le contrat la répercute.
Il crée en échange un risque inverse : payer plus cher que le marché pendant des mois si les prix baissent après la souscription. Un fournisseur qui garantit un prix sur trois ans se couvre en achetant l'énergie à terme ; il intègre dans son prix fixe une marge de sécurité. C'est pourquoi une offre à prix fixe est rarement la moins chère au moment où elle est souscrite. Elle achète de la tranquillité, pas une économie garantie.
Le moment de la souscription compte donc autant que l'offre. Un prix fixe signé quand le marché est haut peut rester au-dessus du tarif réglementé pendant toute sa durée. Signé quand le marché est bas, il protège d'une remontée. Personne ne sait prévoir le marché de l'énergie, ni les fournisseurs, ni les comparateurs : la question utile n'est pas « le prix va-t-il monter ? » mais « mon budget supporterait-il une hausse ? ».
Questions fréquentes sur les offres à prix fixe
Quel est le prix d'une offre fixe ?
Il dépend du fournisseur, de l'option tarifaire (base ou heures pleines et heures creuses), de la puissance du compteur en kVA et de la date de souscription. Il n'existe pas de prix fixe « du marché » : chaque fournisseur fixe sa grille, et la même offre change de prix d'un mois à l'autre pour les nouveaux clients. Le comparateur officiel du médiateur national de l'énergie, energie-info.fr, affiche les prix en vigueur des offres de chaque fournisseur, pour une consommation donnée.
Quelle est la différence entre les offres fixes et indexées ?
L'offre fixe garde le même prix du kWh hors taxes pendant sa durée. L'offre indexée évolue avec sa référence, le tarif réglementé ou le prix spot. La première protège d'une hausse, la seconde fait profiter d'une baisse. Toutes deux restent soumises aux évolutions de taxes et, selon le contrat, d'acheminement.
Peut-on quitter une offre à prix fixe avant la fin ?
Un particulier peut résilier son contrat d'électricité à tout moment, sans frais de résiliation, y compris sur une offre à prix fixe. Le code de la consommation l'interdit pour les contrats de fourniture des consommateurs. Le client paie seulement l'énergie consommée jusqu'à la date de fin. Le changement de fournisseur est gratuit et n'entraîne aucune coupure.
Un fournisseur peut-il modifier un prix fixe en cours de contrat ?
Pas le prix de la part fourniture pendant la durée garantie. Pour toute autre modification des conditions contractuelles, le fournisseur doit prévenir le client au moins un mois avant, et le client peut alors résilier sans frais. Les évolutions de taxes et de tarif d'acheminement s'appliquent sans ce préavis, car elles ne viennent pas du fournisseur.
Comment choisir entre fixe et variable selon son logement
La bonne formule dépend moins du marché que de la place de l'électricité dans le budget du foyer. Plus la consommation est élevée, plus une variation du prix du kWh pèse lourd, et plus la stabilité a de valeur. Trois situations reviennent souvent.
Logement chauffé à l'électricité
Un logement équipé d'un chauffage électrique et d'un chauffe-eau électrique consomme beaucoup, et surtout en hiver. Sa facture est la plus exposée à une hausse du prix du kWh. C'est le profil pour lequel une offre à prix fixe a le plus de sens, à condition de la souscrire à un prix proche du tarif réglementé ou en dessous. L'option heures pleines heures creuses change aussi le calcul : un ballon d'eau chaude qui chauffe la nuit déplace une part de la consommation vers les heures les moins chères.
Petit appartement sans chauffage électrique
Un studio chauffé au gaz ou par un réseau collectif consomme peu d'électricité : éclairage, électroménager, appareils. L'abonnement pèse alors une part importante de la facture. Une hausse du prix du kWh y reste modeste en valeur, et la stabilité du prix fixe apporte peu. Une offre indexée sur le tarif réglementé avec une remise, ou le tarif bleu lui-même, suffit souvent. Le point à comparer est d'abord le prix de l'abonnement.
Foyer qui déplace sa consommation
Un foyer qui recharge une voiture électrique la nuit, pilote son chauffe-eau ou lance ses appareils en heures creuses tire profit d'une option tarifaire à deux prix. Enedis déplace progressivement une partie des plages d'heures creuses, dont certaines passent en journée l'après-midi : avant de souscrire, vérifier les horaires appliqués à son compteur. Une offre à prix fixe en heures pleines heures creuses gèle les deux prix du kWh, ce qui rend le calcul de rentabilité plus lisible sur la durée.
| Situation | Exposition à une hausse | Offre à regarder en premier | Ligne à comparer |
|---|---|---|---|
| Maison chauffée à l'électricité | Forte | Prix fixe sur deux ou trois ans | Prix du kWh |
| Studio chauffé au gaz | Faible | Indexée sur le TRVE ou tarif bleu | Prix de l'abonnement |
| Recharge de véhicule la nuit | Moyenne à forte | Prix fixe en heures creuses | Prix du kWh en heures creuses |
| Consommation pilotable et suivie | Variable | Indexée sur le marché, en connaissance de cause | Référence d'indexation |
Traduire une hausse de prix en kWh consommés
Les comparateurs affichent une estimation annuelle en euros. Ce montant change dès que les prix bougent, et il ne dit rien du risque. Une autre façon de juger l'intérêt d'un prix fixe est de convertir une hausse de prix en consommation « payée en plus », à prix de départ. Le calcul ne dépend d'aucun tarif et reste valable quelle que soit la grille.
Exemple : un logement chauffé à l'électricité qui consomme 8 000 kWh par an. Si le prix du kWh hors taxes de sa part fourniture augmente de 10 %, le surcoût équivaut à 800 kWh supplémentaires payés au prix d'origine, soit à peu près la consommation d'un mois d'automne pour ce foyer. Avec une hausse de 25 %, l'équivalent monte à 2 000 kWh, un mois et demi à deux mois d'hiver. Pour un appartement qui consomme 2 000 kWh par an, la même hausse de 10 % équivaut à 200 kWh : quelques semaines de consommation courante.
Ce calcul ne porte que sur la fourniture, puisque c'est la seule part que le prix fixe protège. Il montre pourquoi le même contrat n'a pas la même valeur pour tous les foyers : le premier protège l'équivalent d'un mois d'hiver, le second celui de quelques semaines ordinaires. Pour connaître sa propre consommation, la donnée figure sur les factures des douze derniers mois, dans l'espace client du fournisseur, ou dans l'espace personnel Enedis si le compteur Linky transmet ses relevés.
Lire les conditions avant la souscription
Deux offres d'électricité affichées « à prix fixe » peuvent protéger des choses différentes. Avant de souscrire, cinq points se vérifient dans la fiche descriptive de l'offre et les conditions générales de vente.
- Ce qui est fixe : le prix du kWh seul, ou le kWh et l'abonnement, hors taxes ou toutes taxes comprises hors évolution fiscale.
- La durée de la garantie : un, deux ou trois ans, et la date exacte à laquelle elle prend fin.
- Le sort de l'acheminement : répercuté ou absorbé par le fournisseur quand la CRE fait évoluer le TURPE.
- Ce qui se passe à l'échéance : reconduction sur la même offre à un nouveau prix, bascule vers une offre indexée, ou proposition d'une autre offre.
- Les services ajoutés : assistance, option d'énergie verte avec garanties d'origine, suivi de consommation en ligne. Certains sont gratuits, d'autres payants et facturés à part.
Le prix affiché sur une page commerciale est souvent donné pour une puissance et une option précises. Pour comparer, il faut ramener chaque offre à sa propre puissance de compteur (6 kVA, 9 kVA, 12 kVA) et à sa propre option tarifaire. Une offre qui paraît moins chère en option base peut l'être moins en heures pleines heures creuses, et inversement.
Changer de fournisseur ou d'offre en cours de contrat
Passer d'une offre indexée à une offre à prix fixe, ou l'inverse, se fait sans démarche technique. Le nouveau fournisseur s'occupe de la résiliation du contrat précédent, et le client reçoit une facture de clôture de l'ancien fournisseur. Il suffit du numéro de point de livraison (PDL) inscrit sur la facture et d'un relevé de compteur si le Linky n'est pas installé. Les règles pour résilier un contrat d'électricité sans frais s'appliquent aussi quand on quitte une offre à prix fixe, et le changement tient en quelques jours de délai.
Aucune pénalité ne s'applique pour un particulier, même en milieu de période de prix fixe : c'est ce qui distingue l'électricité d'autres engagements de longue durée, comme certains contrats de téléphone mobile ou d'assurance. Cette liberté a une conséquence pratique. Un prix fixe n'enferme pas : si le marché baisse franchement, il reste possible de partir vers une offre moins chère. Il faut seulement vérifier, avant de partir, que la nouvelle offre est effectivement plus avantageuse sur sa propre consommation, abonnement compris.
Le cas des professionnels et des collectivités est différent. Au-delà de certains seuils de puissance ou d'effectif, les contrats peuvent prévoir des indemnités de sortie anticipée. Les offres électricité destinées aux collectivités et aux entreprises obéissent à d'autres règles que celles des particuliers.
Avantages et limites d'un prix fixe, point par point
Le comparatif entre offres d'électricité se réduit souvent à une question de coût annuel. Les avantages d'un prix fixe se situent ailleurs, et ses limites aussi.
- Premier avantage, la prévisibilité : le prix du kWh connu à la souscription reste le même chaque jour du contrat, ce qui facilite la gestion d'un budget serré et le calcul des mensualités.
- Deuxième avantage, la protection : en cas de flambée du marché de l'énergie, le client ne subit pas la fluctuation sur la part fourniture.
- Troisième avantage, la simplicité : pas de suivi des cours ni des dates de révision, la facture se lit sans calcul.
- Limite, le coût de la garantie : le fournisseur intègre une marge de sécurité, et le client ne peut pas bénéficier d'une baisse avant l'échéance, sauf à changer d'offre.
- Limite, le périmètre : l'acheminement, les taxes et parfois l'abonnement échappent à la garantie.
Lors d'un déménagement, le contrat ne suit pas automatiquement : il faut résilier ou transférer l'offre vers le nouveau logement, et le prix fixe proposé pour l'autre adresse correspond à la grille du jour, pas à celle de la souscription d'origine. Avant de déménager, demander au service client du fournisseur, par téléphone, par internet ou depuis l'espace client, si l'offre peut être conservée. Un conseiller peut alors confirmer par écrit le prix appliqué.
Ce que les comparateurs ne montrent pas toujours
Les comparateurs en ligne classent les offres selon une estimation annuelle calculée à un instant donné. Ce comparatif est utile, mais il compare des prix, pas des risques. Une offre indexée sur le marché peut apparaître en tête un mois donné et devenir la plus chère le trimestre suivant. Une offre à prix fixe peut sembler plus chère à la souscription et se révéler la plus économique si les prix montent.
Pour comparer utilement, un bon comparatif d'offres d'électricité doit distinguer les offres à prix fixe, les offres indexées et le tarif réglementé, sans les mélanger dans un même classement. Un comparatif qui les range dans un classement unique compare des produits qui ne portent pas le même risque. Trois réflexes limitent l'erreur. D'abord, utiliser sa consommation réelle et non une estimation par défaut : un comparateur qui présume 5 000 kWh pour un appartement qui en consomme 2 000 fausse le classement. Ensuite, regarder le prix de l'abonnement séparément du prix du kWh : pour les petites consommations, c'est lui qui décide. Enfin, comparer à la même date de référence que le tarif réglementé, puisque de nombreuses offres se positionnent par rapport à lui.
Un comparatif sérieux répond aussi à un besoin précis : l'économie visée sur l'achat d'énergie, le service client attendu, la part d'énergie renouvelable souhaitée. Un comparatif centré sur le seul prix d'appel passe à côté de ces critères, qui comptent pourtant sur la durée d'un contrat de deux ou trois ans.
Le comparateur du médiateur national de l'énergie est gratuit, neutre et couvre les offres de l'ensemble des fournisseurs qui y déclarent leurs grilles. Il ne perçoit aucune commission, contrairement à la plupart des comparateurs commerciaux, qui sont rémunérés à la souscription. Ce point n'invalide pas leurs résultats, mais explique pourquoi certaines offres y sont mises en avant plus que d'autres. La liste des fournisseurs d'électricité actifs en France aide à vérifier qu'aucun acteur n'a été oublié dans une comparaison.
Prix fixe et évolution du marché de l'énergie
Le marché français de l'électricité a connu depuis 2021 des mouvements sans précédent. La flambée des prix de gros de 2022 a été contenue pour les particuliers par le bouclier tarifaire, qui limitait la hausse du tarif réglementé ; les offres indexées sur le marché ont en revanche répercuté une partie de la hausse, et plusieurs fournisseurs ont cessé de commercialiser certaines offres. Depuis, les prix de gros ont reflué, et le tarif réglementé a été révisé à plusieurs reprises.
Ce contexte explique la place prise par les offres à prix fixe dans les catalogues de la plupart des fournisseurs : EDF, Engie, TotalEnergies, Alpiq, Ohm Énergie, Primeo Énergie et d'autres proposent au moins une offre à prix garanti. Le service public de l'énergie reste assuré par les gestionnaires de réseaux, quel que soit le fournisseur choisi : la qualité de l'électricité livrée est identique chez EDF, Engie ou Alpiq, seul le service commercial diffère. Leur durée et ce qu'elles couvrent varient, d'où l'importance de lire la fiche descriptive plutôt que le nom commercial.
La fin de l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique), prévue fin 2025, modifie aussi la façon dont les fournisseurs alternatifs achètent leur énergie et dont la CRE construit le tarif réglementé. Les effets sur les prix des offres de marché dépendront des contrats d'approvisionnement de chaque fournisseur. Une offre à prix fixe souscrite avant un changement de ce type met le client à l'abri jusqu'à son échéance, sans garantir la suite.
Prix fixe, énergie verte et gaz
Une offre d'électricité verte peut elle aussi être à prix fixe ou indexé : la mention « verte » décrit l'origine de l'énergie, attestée par des garanties d'origine, pas le mécanisme de prix. Certaines offres vertes affichent un prix fixe, d'autres une indexation sur le tarif réglementé. Le prix d'une offre verte est parfois légèrement plus cher, selon la provenance des garanties d'origine et le mode d'approvisionnement du fournisseur.
Pour le gaz naturel, la logique est la même, avec une différence de taille : il n'existe plus de tarif réglementé de vente du gaz pour les particuliers depuis juillet 2023. Les offres de gaz se répartissent donc entre prix fixe et prix indexé sur un prix repère publié par la CRE ou sur le marché. Un foyer qui souscrit électricité et gaz chez le même fournisseur peut combiner un prix fixe sur l'une et un prix indexé sur l'autre : les deux contrats restent distincts, même regroupés sur une facture unique.
Les bons réflexes pour décider
Le prix fixe n'est ni un piège ni une assurance tous risques. Il convient à qui veut un budget énergie prévisible, consomme beaucoup, et accepte de ne pas profiter d'une baisse éventuelle. Le prix indexé sur le tarif réglementé convient à qui préfère suivre la régulation avec une petite remise. Le prix indexé sur le marché s'adresse à ceux qui suivent leur consommation de près et acceptent l'aléa.
Dans tous les cas, trois éléments décident : la consommation annuelle en kWh du logement, la part de l'abonnement dans la facture, et ce que couvre exactement la garantie de prix. Un conseiller du fournisseur ou un expert indépendant peut aider à lire une grille, mais la décision se prend sur des données personnelles que seul le client connaît : son logement, ses équipements, sa situation. Un budget serré qui ne supporterait pas une hausse brutale est la meilleure raison de choisir un prix fixe ; une consommation faible et une grande tolérance au risque sont les meilleures raisons de s'en passer.
















