Contenu principal
Comparez les fournisseurs d'électricité

L'option heures pleines / heures creuses, mode d'emploi

Publication : - Mis à jour le

L'option heures pleines / heures creuses, mode d'emploi

L'option heures pleines heures creuses est une double tarification de l'électricité : le prix du kWh baisse en heures creuses, imposées par plages horaires, et monte en heures pleines. Depuis le 1er novembre 2025, ces plages horaires changent selon la saison. Tout dépend alors de l'énergie que le foyer peut décaler.

Huit heures creuses : rentables au-delà d'un seuil

  • Les heures creuses durent huit heures par jour, en plages horaires imposées par le gestionnaire du réseau d'électricité.
  • Le prix du kWh en heures pleines dépasse celui de l'option base : l'offre n'est rentable qu'au-delà d'un minimum d'énergie décalée.
  • Pour connaître vos heures creuses, regardez la facture d'électricité, l'espace client du fournisseur ou le compteur Linky.
  • Le chauffe-eau, l'équipement électroménager et la recharge d'un véhicule portent l'essentiel des économies.

Qu'est-ce que l'option heures pleines heures creuses ?

L'option heures creuses est une option tarifaire que tous les fournisseurs d'électricité proposent dans leurs offres de marché, au même titre que l'option base. Là où l'option base applique un prix du kWh unique à toute heure, la double tarification découpe la journée en deux régimes d'énergie : huit heures dites creuses, facturées à un tarif réduit, et seize heures pleines, facturées un peu plus cher que le tarif base. Un particulier qui souscrit une offre d'électricité choisit donc entre ces deux options tarifaires, et ce choix se révise.

Le principe n'a rien de commercial à l'origine. Il vient du fonctionnement du réseau électrique français : la demande nationale s'effondre la nuit alors que les moyens de production les moins souples, à commencer par le parc nucléaire, continuent de tourner. Encourager les ménages à décaler leur consommation vers ces creux évite de démarrer des moyens de pointe plus coûteux et plus émetteurs. La logique s'est déplacée avec la montée de la production solaire : les excédents se situent désormais aussi en milieu de journée, ce qui explique la réforme entrée en vigueur en novembre 2025.

Trois éléments distinguent concrètement l'option heures pleines de l'option base :

  • l'abonnement annuel, légèrement supérieur en double tarification ;
  • le prix du kWh, plus bas en heures creuses et plus haut en heure pleine ;
  • le compteur, qui doit tenir deux index de consommation au lieu d'un seul.

Cette différence d'abonnement est la raison pour laquelle l'option n'est pas automatiquement avantageuse : elle représente un coût fixe que le volume décalé doit d'abord absorber avant que l'économie commence.

Quelles sont les plages horaires des heures creuses ?

Les plages horaires ne sont pas choisies par le client, ni même par le fournisseur. Elles sont attribuées par Enedis, ou par l'entreprise locale de distribution là où le réseau ne lui appartient pas, en fonction des contraintes d'exploitation constatées sur la commune. À Bordeaux comme ailleurs, c'est le gestionnaire de distribution qui tranche, et sa décision s'applique au point de livraison, pas au client. Deux logements distants de quelques kilomètres peuvent donc avoir des créneaux différents, et un déménagement change presque toujours les horaires.

Le cadre commun reste le même partout : huit heures par jour, en un ou deux blocs. Historiquement, la configuration la plus répandue plaçait la totalité du créneau la nuit, autour de 22 h à 6 h ou de 23 h à 7 h. Une variante fréquente coupait la plage en deux, avec quelques heures la nuit et un créneau en milieu de journée.

Où lire ses horaires exacts ?

Trois sources donnent la même information, et il vaut mieux la vérifier avant de programmer quoi que ce soit :

  • la facture d'électricité, qui mentionne les plages retenues pour le point de livraison ;
  • l'espace client du fournisseur, qui les rappelle dans le détail du contrat ;
  • le site d'Enedis, où l'espace client donne accès aux données personnelles de consommation et aux horaires appliqués au compteur.

Sur le site du distributeur, l'accès à ces données personnelles suppose d'avoir activé le suivi détaillé de la consommation. C'est aussi là que se vérifie la capacité de souscription du compteur et que se gère l'historique de consommation, information plus utile qu'un relevé ponctuel pour juger de la rentabilité de l'option. Cette donnée personnelle n'est transmise à un tiers, comparateur ou installateur, que si vous l'autorisez explicitement.

Pour connaître ses heures creuses sans attendre la prochaine facture, le plus rapide reste de lire l'écran du compteur Linky, qui affiche généralement le régime en cours, ou de demander la réponse au distributeur Enedis par son formulaire de contact. C'est une info utile avant même de programmer quoi que ce soit : profiter de l'option suppose de savoir exactement quand elle s'applique, et une plage supposée de travers annule tout le bénéfice.

Un compteur communicant permet en outre de suivre la courbe de charge, parfois en temps réel selon les services activés, et donc de vérifier que la consommation bascule bien au bon moment. Si les index ne bougent pas comme prévu, la question à poser au service client porte sur la programmation du compteur, pas sur le contrat.

Ce qui change depuis le 1er novembre 2025

La Commission de régulation de l'énergie a décidé début 2025 une refonte des plages heures creuses, mise en œuvre à partir du 1er novembre 2025 et étalée sur plusieurs saisons. L'objectif : faire coïncider les heures creuses avec les moments où l'électricité est réellement abondante, ce qui n'est plus seulement le cœur de la nuit.

Les grandes lignes du nouveau cadre :

  • plus aucune heure creuse entre 11 h et 17 h pendant la saison froide, période de forte sollicitation du réseau ;
  • à l'inverse, une partie des heures creuses déplacée vers l'après-midi pendant la saison chaude, pour absorber la production solaire ;
  • des plages qui peuvent donc différer entre l'hiver et l'été pour un même foyer ;
  • un déploiement progressif, foyer par foyer, jusqu'à la fin de la période de bascule.

Chaque client concerné est prévenu par son fournisseur avant le changement, et la reprogrammation du compteur se fait à distance pour les compteurs communicants. Il n'y a aucune démarche à engager de son côté. En revanche, la réforme mérite un plan de relance des appareils programmés : un chauffe-eau réglé pour démarrer à 23 h continuera de démarrer à 23 h même si la plage a glissé, et peut se retrouver à chauffer en heure pleine sans que rien ne l'indique.

L'option est-elle rentable dans votre logement ?

La règle de décision tient en une phrase : l'option heures creuses devient intéressante lorsqu'une part significative de la consommation annuelle, de l'ordre de 30 à 40 %, tombe dans la plage réduite. En dessous, le supplément d'abonnement et le surcoût des heures pleines annulent le gain.

Autrement dit, l'option n'est pas avantageuse en soi : elle le devient au-delà d'un minimum d'énergie consommée la nuit. Un foyer qui consomme peu d'électricité dans l'absolu a d'ailleurs moins à gagner, puisque les économies se calculent sur un volume de kilowattheures, pas sur un pourcentage. À l'inverse, un logement tout électrique avec une forte capacité de décalage rend l'offre rentable dès la première année.

Cette part dépend beaucoup moins des habitudes que de l'équipement du logement. Un ballon d'eau chaude électrique bascule à lui seul une grosse part du total vers la nuit, sans effort ni contrainte. À l'inverse, un logement chauffé au gaz, avec production d'eau chaude au gaz, n'a presque rien à décaler : il ne reste que l'électroménager, qui pèse peu.

Profil de logement Part décalable Intérêt de l'option
Chauffe-eau électrique et chauffage électrique Élevée Franchement favorable
Chauffe-eau électrique seul, chauffage gaz Moyenne Favorable dès que le ballon est bien programmé
Véhicule électrique rechargé à domicile Élevée Franchement favorable
Tout gaz, petit électroménager uniquement Faible Option base préférable
Logement occupé en journée, forte climatisation Variable À réexaminer avec les nouvelles plages d'été

La clé est donc l'usage réel, pas l'intuition : un relevé sur une année entière aide à trancher là où une facture isolée induit en erreur, et il est courant de découvrir que le résultat est moins avantageux qu'annoncé. Le calcul se vérifie sans outil compliqué. Relevez vos index sur douze mois dans votre espace client, faites le rapport entre le volume en heures creuses et le volume total, et comparez ce taux au seuil des 30 à 40 %. Si vous êtes déjà en option base, la même estimation se fait à partir de la courbe de charge d'un compteur communicant et de ses données de consommation, qui montre heure par heure ce qui se passe réellement dans le logement.

Quels appareils électriques décaler, et comment

Tous les appareils électriques ne se prêtent pas au décalage. Ceux qui comptent sont ceux qui consomment beaucoup sur une durée longue et dont l'usage n'a pas besoin d'être immédiat.

Le chauffe-eau, premier poste concerné

Le ballon est le cas d'école : il chauffe une réserve d'eau qui sera utilisée plus tard, donc l'heure de chauffe est sans importance pour l'usager. Sur un chauffe-eau électrique à accumulation, la bascule est assurée par un contacteur jour/nuit placé dans le tableau, piloté par le signal du compteur. Deux vérifications valent la peine : que l'interrupteur du contacteur soit bien en position automatique, et que l'index heures creuses progresse d'une nuit à l'autre. Un contacteur hors service fait chauffer le ballon en pleine journée, au tarif le plus cher, et la facture monte sans explication apparente.

La recharge d'un véhicule électrique

La recharge est le second gros poste décalable, et le plus simple à programmer puisque le véhicule ou la borne de recharge installée à domicile embarque une fonction de départ différé. Une charge nocturne complète représente plusieurs dizaines de kilowattheures basculés d'un bloc vers le tarif réduit, ce qui suffit souvent à rendre l'option gagnante à elle seule, même dans un logement par ailleurs peu électrifié.

Le lave-linge, le lave-vaisselle et le reste

L'électroménager pèse moins, mais il est gratuit à décaler grâce à la fonction de départ différé présente sur la quasi-totalité des machines récentes. Un plan simple consiste à lancer le lave-vaisselle au coucher et à programmer le lave-linge pour la fin de nuit, de façon à consommer le minimum en heures pleines. En revanche, ne décalez jamais un appareil qui exige une surveillance : un sèche-linge ou un lave-linge lancé en pleine nuit reste déconseillé par les assureurs et par les pompiers en cas d'absence ou de sommeil.

En pratique, ces trois postes suffisent à faire basculer la consommation d'électricité d'un foyer équipé, sans rien changer au confort. Les usages qui ne se décalent pas, eux, ne doivent pas entrer dans le calcul : éclairage, cuisson, appareils en veille, ordinateur de travail. Chercher à les déplacer transforme un avantage en contrainte quotidienne, pour un gain marginal. Mieux vaut utiliser la programmation des gros postes et laisser le reste tranquille : c'est le coup de pouce qui accompagne le quotidien sans le compliquer.

Souscrire, quitter ou changer d'option tarifaire

Le passage à l'option heures creuses se demande auprès de son fournisseur d'énergie, jamais directement auprès du gestionnaire de réseau. Le basculement vers l'option heures creuses passe par un appel ou quelques clics dans l'espace client, et l'aide en ligne de chaque fournisseur détaille le parcours. C'est ensuite Enedis qui intervient : reprogrammation à distance et quasi immédiate sur un compteur communicant, intervention d'un technicien sur un ancien compteur mécanique, avec un délai de quelques jours ouvrables et un coût de prestation facturé sur la facture suivante.

Avant de souscrire, un conseiller du fournisseur peut estimer le gain à partir de votre consommation passée, et les conditions générales de l'offre, document contractuel qu'il vaut la peine de lire, précisent le délai d'application de la nouvelle option tarifaire. Ce document indique aussi quel avis doit être donné pour revenir en arrière. Un particulier qui déménage a intérêt à poser la question dès la mise en service : les plages horaires du nouveau logement n'ont aucune raison d'être celles de l'ancien, et l'option qui était avantageuse ailleurs peut ne plus l'être ici.

Le retour en arrière est possible dans les mêmes conditions. Avant de basculer, vérifiez une clause du contrat : certains contrats prévoient un délai minimal entre deux changements d'option tarifaire, souvent douze mois. Mieux vaut donc trancher sur la base d'une année complète de consommation plutôt que sur une impression de saison.

Changer de fournisseur et changer d'option sont deux opérations distinctes, qui peuvent se faire ensemble. Aucun des deux n'entraîne de coupure, ni de frais de résiliation pour un particulier, et le compteur reste le même. Si vous comparez les offres, regardez le prix du kWh en heures creuses et en heures pleines séparément : un fournisseur peut afficher un tarif attractif en heures pleines et un écart faible en heures creuses, ce qui vide l'option de son intérêt. Le point de comparaison de référence reste le tarif réglementé de vente et son mode de calcul, publié par les pouvoirs publics.

Enfin, l'arrivée de panneaux solaires en autoconsommation change la donne : une partie de la consommation de journée est alors couverte par la production solaire du logement, ce qui réduit mécaniquement l'intérêt des heures creuses d'après-midi, mais laisse intact celui des heures creuses de nuit.

Questions fréquentes sur les heures creuses

Peut-on choisir ses heures creuses ?
Non. Les plages horaires sont attribuées par le gestionnaire de réseau selon les contraintes locales, et ni le client ni le fournisseur ne peuvent les modifier. Seul un déménagement change les horaires appliqués.
Les heures creuses sont-elles les mêmes toute l'année ?
Plus nécessairement. Depuis la réforme du 1er novembre 2025, un même foyer peut avoir des plages différentes en saison froide et en saison chaude, avec des heures creuses déplacées vers l'après-midi l'été.
Comment savoir si mon contacteur jour/nuit fonctionne ?
Relevez l'index heures creuses le soir puis le lendemain matin. S'il n'a pas progressé alors que le ballon a chauffé, le contacteur ou sa position de commande est en cause.
L'option heures creuses est-elle intéressante sans chauffe-eau électrique ?
Rarement, sauf si un véhicule électrique est rechargé à domicile. Sans gros poste décalable, la part de consommation en heures creuses reste trop faible pour compenser le surcoût de l'abonnement et des heures pleines.
Faut-il un compteur communicant pour en bénéficier ?
Non, l'option existait bien avant. Un compteur communicant simplifie seulement la programmation, qui se fait à distance, et donne accès au détail de la consommation heure par heure.
Que se passe-t-il pour mes heures creuses en cas de déménagement ?
Les plages horaires suivent le logement, pas le client : déménager signifie découvrir de nouvelles heures creuses, qu'il faut connaître avant de reprogrammer les appareils. L'option tarifaire, elle, se choisit à la souscription du nouveau contrat.

Pour aller plus loin

À découvrir également

↑